jeudi 23 novembre 2017

De la naïveté d'une ado sur le monde du travail

  J'ai fait un petit contrat dans une entreprise et un midi que je mangeais avec la stagiaire qui débutait dans le monde du travail, elle me demandait ce sur quoi je travaillais en ce moment. Je lui ai répondu que je travaillais actuellement sur le pointage des cotisations en vue d'une relance et que j'attendais qu'on m'explique comment faire la caisse. Et là, toute naïve, cette jeune fille, adorable au demeurant, me dit qu'elle ne comprend pas que je ne sache pas le faire et pourquoi il faut qu'on m'explique vu que j'ai de l'expérience. J'ai soupiré, levé les yeux au ciel mentalement avant de lui expliquer que j'avais déjà fait ça mais qu'il fallait que quelqu'un prenne deux minutes pour me dire où se trouve le fichier excel où j'imagine qu'on met les rentrées avec éventuellement un encaissement dans le logiciel de gestion et peut-être qu'on le met dans un quelconque tableau de suivi des adhésions. Mais qu'il faut bien que quelqu'un me dise quels tableaux je dois remplir et où ils sont. Et si je classe ou retransmet les documents à quelqu'un d'autre. Visiblement, le terme "former" l'a choquée. En même temps, elle est en stage au service courrier. J'imagine que c'est plus tout le temps la même chose selon les entreprises et que les tâches sont très simples et peu variées.

  Bref, une demie-seconde, je me suis demandé si elle ne me prenait pas pour une incompétente ou autre, chose que je trouve très désagréable au demeurant, d'autant plus qu'elle a insisté. Comment lui expliquer que dans le monde du travail sur un poste donné, c'est toujours pareil mais en même temps toujours différent? Que globalement, les tâches sont identiques mais que les procédures différent? Et que si je ne connais pas du tout le logiciel, soit on m'explique, soit je cherche toute seule au risque de faire des bêtises. Parce que oui, le logiciel est simple en soi, j'ai trouvé plein de choses toute seule mais il y a quelques petites choses que j'aurais mis très longtemps à trouver si on ne m'avait pas montré où c'est (ce qui prend deux minutes montre en main ou en tous cas, j'aurais pu y passer vingt minutes si je devais fouiller partout). Et d'autres que je ne pouvais pas deviner (genre que le logiciel bloque dans telle situation alors que  normalement, il ne devrait pas).

  Bien sûr que j'ai trouvé les tableaux à remplir toute seule et que j'avais  compris comment entrer les règlements dans le logiciel. Mais si personne ne me dit où je range l'argent? Où je trouve la caisse? Je vais faire tous les bureaux pour trouver le coffre? (inexistant en l'occurrence) Dois-je mettre l'argent dans une caisse ou dans le coffre d'ailleurs? Dois-je informer mes collègues que telle facture est réglée ou ils vérifient de manière régulière ce qui est entré; à moins qu'il n'existe un ou deux (ou trois en l'occurrence) fichier excel à remplir. Et en cas d'absence du comptable à qui je donne l'argent en liquide en fin de journée, à qui je donne l'argent? (parce que oui, j'avais compris toute seule que c'est à lui que je devais donner l'argent et que non, je ne laissais pas l'enveloppe traîner dans le bureau à la fin de ma journée de travail).

  Sur le moment, ça m'a blessée. J'ai senti qu'elle me voyait comme une incompétente. Alors qu'elle ne connaît pas grand chose du monde du travail au fond et que son poste est hyper simple. Il n'a rien à voir avec le poste que j'occupais alors; où je passais d'une tâche à l'autre sans le moindre lien entre elles au gré des trous à boucher. Combien de tâches n'ai-je fait qu'une seule fois durant mon contrat? Un paquet en tous cas. Et si à chaque fois, j'avais passé vingt minutes à chercher à comprendre comment faire, je n'aurais pas fait grand chose. Au lieu qu'on prenne deux minutes pour me dire comment procéder (oui, il n'y avait pas de fiches de procédures, c'est peut-être ce qui a prêté à confusion d'ailleurs car elle en avait peut-être à son arrivée; là oui, j'aurais pu travailler plus en autonomie et ça m'aurait arrangée au lieu d'attendre parfois longtemps. Il est vrai que sur certains postes, je me débrouillais seule à partir du classeur de procédures que je remettais d'ailleurs parfois à jour). Et d'une entreprise à l'autre pour la même tâche, la manière de procéder peut changer ou être similaire. Et à force d'accumuler les CDD, j'avoue qu'il m'arrive de m'y perdre dans les procédures et les façons de faire.

  Pour la même tâche (le courrier par exemple), j'ai procédé de dizaines de manières différentes (on scanne ou on photocopie TOUS les courriers ou on ne le fait pas/ je n'ouvre pas les enveloppes pour la direction ou j'ouvre tous les courriers/ j'agraphe ou pas l'enveloppe/ je tamponne le courrier et l'enveloppe (ou que le courrier) à la date de réception/ je porte les courriers aux collègues ou je les mets dans leur bannette ou une unique bannette et quelqu'un d'autre les récupère puis les distribue/ j'affranchis le courrier moi-même avec une balance et des timbres/ j'affranchis avec une machine à affranchir/ je le donne à affranchir à l'accueil/ je tamponne l'enveloppe avec le cachet de l'entreprise devant ou derrière (et certains sont très pointilleux là-dessus!)/ j'affranchis au tarif lent ou normal ou prioritaire l'ensemble des courriers).

  Donc oui, il faut qu'on me dise les choses. Et ça prend parfois deux ou cinq minutes. Sinon, je dois fouiller, trouver un modèle ou faire comme je le sens en haussant les épaules au risque qu'on vienne me voir en me disant que non, ce n'est pas ça.

jeudi 16 novembre 2017

Chômage et entourage 5: Rire ou pleurer de ses collègues?

J'ai fait un mini contrat récemment et une collègue a longuement insisté en mode "c'estbizarrequedepuisletempstun'aspastrouvédecdi". Bref après discussion avec elle, j'ai appris qu'elle a fait un petit cdd et qu'elle a trouvé ensuite son cdi. C'est sûr que nos parcours n'ont RIEN à voir... et qu'en effet, elle ne peut pas comprendre.

Parce qu'en vrai, c'est cool d'être au chômage: pas d'argent, pas de sorties ou de loisirs ni de vacances (j'ai oublié depuis le temps ce que c'est) car pas d'argent, des patrons tarés, des cdd sur lesquels on aurait aimé rester mais la collègue qu'on remplace revient et on part à regret en se demandant "Mais pourquoi?". Pourquoi moi, je ne peux pas trouver un travail comme ça en cdi??? L'épuisement physique et psychologique. Pourquoi la personne que je remplace ne pouvait pas se casser la jambe et ne plus pouvoir travailler sur ce poste ?? D'ailleurs, c'est la même qui s'étonne que je mange toujours la même chose le midi. Ma cocotte, je suis au rsa, je mange des pâtes tous les midis parce que je suis pauvre! Déjà que je craque un peu le budget pour acheter des sauces et du jambon en accompagnement parce que je travaille, je te laisse imaginer comment je mange en temps normal. (oui, le chômage pour moi, c'est devenu "en temps normal"). Et tu n'imagines pas à quel point les tickets restaurant vont me sauver la vie à la fin du contrat.

La naïveté des gens me confond parfois...

vendredi 10 novembre 2017

Octobre Bilan

Relations

- J'ai revu une charmante relation éphémère que je n'avais pas vue depuis longtemps. J'allais mal et pleurer dans ses bras m'a juste fait un bien fou. C'est quelqu'un de juste gentil et ça fait du bien.
- Je recommence à sourire aux gens et à me montrer gentille (genre porter le sac de courses d'une vieille folle)
- J'avais envie de sortir mais il a fait froid et j'ai eu une grosse période de déprime. Le mois de novembre est un "mois blanc" à cause de nanowrimo mais je compte bien sortir un peu les we si je ne travaille pas ce qui me laisse le temps d'écrire en journée durant la semaine.


Travail
- CDD et un peu de sous! Avec de gentils collègues, une gentille chef de service, un gentil directeur et une collègue dans le même bureau con comme un balai (elle ne comprend jamais RIEN sauf à expliquer 5 fois et on finit par se dire qu'on parle de la même chose) qui pointe toutes mes erreurs genre c'est la fin du monde alors que tous les autres collègues lui disent que ce n'est pas grave et que c'est normal car je viens d'arriver. Le tout pour un pas si micro salaire que ça qui passe dans la taxe d'habitation. Plus les tickets restaurant qui bien qu'ils n'incitent pas à manger correctement améliorent bien bien l'ordinaire. Ca me paie des loisirs et ça me permet de remettre de côté.

Moi?
- Mes loisirs m'occupent bien. Je lis comme je n'avais pas lu depuis des années (oui, la liseuse dans le bus malgré un accrochage précaire, ça permet d'avancer mine de rien. Deux fois une grosse demie-heure, c'est une heure de lecture par jour!!). J'écris et ça me fait du bien. J'ai enfin pu craquer mon argent acheter des choses qui me font envie depuis plus de six mois (même s'il eût été raisonnable de tout garder de côté mais quand j'ai vu le montant de la taxe d'habitation, j'ai dit Zut!).
- Je me suis rapprochée d'une certaine philosophie de vie que j'avais laissé de côté et ça m'a fait du bien
- J'ai pu acheter du matériel pour me mettre enfin à des loisirs créatifs dont je rêve depuis des années. (J'ai une liste de choses à acheter/tester "un jour" et je regarde de temps en temps quand j'ai des sous.) J'ai tellement hâte de m'y mettre! Réaliser ses vieux rêves, ça fait toujours du bien.

dimanche 5 novembre 2017

Baisse des APL: pire que prévu?

Je lis beaucoup ici et là, que les APL baisseraient de 60 €. En bonne naïve optimiste, je pensais que les gens avaient mal compris et que c'était 5 € x 12 mois... http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/09/12/20002-20170912ARTFIG00303-macron-veut-amplifier-la-baisse-des-apl.php
Il semblerait que non, en fait, c'est moi qui me trompe.
Donc ce mois-ci, on baisse les APL de 5 €. Toi qui est au rsa, tu manges un euro de moins que le mois dernier ou tu n'as pas 5 € à mettre de côté au cas où.

"Ces baisses seraient modulées selon les territoires et les logements, mais pourraient atteindre jusqu'à 50 euros par mois"
Si je suis au rsa et qu'on baisse mes APL de 5 €, j'ai le choix. Soit je mange soit je paie mon loyer en entier. Si j'ai la chance d'avoir un budget de 20 € hebdomadaires, il me reste 5 € par semaine pour manger et pas que pour manger d'ailleurs.
Si on les baisse de 60 €, je ne mange pas durant trois semaines, c'est simple. Et le budget d'une semaine de courses (20 €) devra suffire pour le mois.

"Afin que la baisse soit transparente pour les bénéficiaires de l'APL, le gouvernement négocie avec les organismes HLM une réduction des loyers du même montant. "
Je rigole à gorge déployée. Donc le gouvernement a besoin de sous donc Mr le président décide dans son coin une diminution des APL et ensuite, il dit aux principaux concernés ou cons cernés, question de point de vue "Maintenant, tu te démerdes". Soit c'est répercuté sur les loyers mais ça veut dire plus de risques d'impayés et les plus pauvres n'ont plus accès au logement social. Soit ça veut dire que des réparations ne sont pas faites (déjà que ce n'est pas toujours génial), que l'entretien n'est pas fait (dans mon ancien immeuble tous les voisins s'accordaient sur le fait que si l'immeuble avait été correctement entretenu, nous n'aurions pas eu à déménager) (donc au final, l'organisme HLM perd de l'argent) ou que les sociétés de HLM prennent de tous les côtés (un peu d'augmentation des charges par-ci, un peu de retenue d'argent sur les cautions quand les gens partent par-là, ou on fait moins souvent le ménage dans les parties communes ou on met des choses comprises dans le loyer en option (la cave par exemple)).

Enfin, comme le demandent les organismes HLM, des surloyers plus élevés pourraient être appliqués aux locataires dont les revenus dépassent les plafonds de ressources.
Là, il faut voir. Il y a une différence entre la personne qui gagne bien sa vie parce que son salaire a augmenté au fil des années et qui pourrait se payer un logement dans le privé mais pour qui rester en HLM revient moins cher donc qui y reste malgré le surloyer. Et la personne qui galère mais qui a exceptionnellement eu une bonne année et qui va sans doute replonger dès l'année suivante avec une hausse de la taxe d'habitation, de l'impôt sur le revenu (qui sait), un rappel de la CAF (je ne comprendrais JAMAIS comment ils font pour se tromper à ce point, ça reste un mystère pour moi car ils ont toutes les informations (même si je conçois que les choses soient particulièrement complexes), etc et qui ne pourra pas épargner autant qu'elle l'aurait voulu. (surtout si tout ce qui touche aux impôts est calculé sur les revenus d'il y a deux ans; c'est en partie mon cas cette année et je le sens passer. Ma situation d'il y a deux ans ou même six mois et celle de maintenant n'ont rien à voir (à quand le prélèvement à la source? Même d'un petit pourcentage qui allégerait les choses?).

Et pourquoi pas un barème national des loyers? Quand je vois que dans le privé un studio ou un appartement de 20 à 25 m2 sur Rennes (au hasard) coûte 400 €, je me dis qu'il y a un souci. J'ai vécu dans un 25 m2 à 400 € quand j'étais au Rsa (charges comprises); les apl me permettaient de vivre car tout mon rsa passait dans mon loyer. Appartement non entretenu donc les charges allaient directement dans la poche du propriétaire; le studio, enfin, la chambre améliorée était bien mais j'ai vite été à l'étroit et en deux ans, il n'y a eu AUCUNE sorte de travaux d'effectués. (à l'époque, le rsa-ça-sert-à-quoi était à 400 €).

Après, je conçois qu'il faille faire des efforts mais je pense qu'il faudrait poser les choses sur la table et surtout se montrer juste. Non, on ne peut pas fragiliser une personne au RSA qui galère déjà à survivre. Mais on peut demander un peu plus à ceux qui travaillent, jusqu'à un certain point et je pense qu'il est largement dépassé. Je suis convaincue au fond de moi qu'il faut déjà commencer par gérer ce que l'on a sans chercher de nouvelles ressources qui ne sont pas supportables pour la population vu la situation économique.


La France s'endette de 2665 euros de plus chaque seconde.!"
Moi, je fais ça, mon banquier vient sonner chez moi pour me retirer mes moyens de paiement! Il faudrait commencer par là avec ce qu'on a.

Déjà pourquoi une telle différence entre les loyers en HLM et dans le privé? En quoi  est-ce normal de passer un rsa chaque mois dans le loyer d'un petit studio? Et puis, en quoi  est-ce normal à la fin que l'Etat finance les loyers?? Non, sérieusement? Pourquoi des APL? Si les loyers étaient à des prix plus bas et les salaires (et allocations plus élevées) est-ce qu'au final, l'Etat n'y gagnerait pas? A mon sens, les revenus devraient suffire à payer son loyer, non?? Je repense à mon studio. A l'époque, j'avais calculé 400 € de rsa et 160 € d'APL comme budget minimal donc je voulais être sûre de pouvoir vivre si je tombais dans la misère. Donc 400 € de loyer charges comprises maximum et 160 € pour vivre. Je passais 73 % de mes revenus dans mon loyer. En quoi  est-ce normal?? Avec mon ex, dans le privé, on avait trouvé un appartement, un T2 d'une taille correcte pour deux personnes et on aurait passé 55 % de nos revenus si on n'avait pas trouvé autre chose.
Donc je passais 75 % de mes revenus dans un loyer que le propriétaire se mettait dans la poche (aucun entretien du logement sur la durée où j'y suis restée malgré des choses cassées qui auraient pu/dues être remplacées). Un tel loyer était-il réellement justifié? Telle est la question que je me pose et laquelle je n'ai pas de réponse (entre le remboursement de l'emprunt, les coûts de syndic, les impôts, l'entretien, à combien revient réellement un logement pour le propriétaire qui loue son bien??).

Parce que l'APL, c'est bien gentil mais une part de moi se dit que normalement, nous ne devrions même pas avoir besoin d'APL pour nous loger. Oui, notre travail devrait nous permettre de nous loger selon nos revenus et en cas de perte d'emploi, les allocations chômage devraient suffire à se loger dans des appartements d'une taille correcte (entre le studio et le T2 si on veut) avec éventuellement des aides si on loue un logement de taille raisonnable (donc pas un T3 pour une personne seule qui se retrouve au rsa) en cas de baisse de revenus importante (RSA).
De toutes manières, le VRAI problème, c'est la situation économique et le chaumage. Tant que les gens auront du mal à trouver un emploi qui leur permettre de vivre de leurs revenus, l'Etat devra chercher dans tous les coins pour faire des économies...

lundi 23 octobre 2017

Travail et ennui

Après des mois de galère, je retravaille enfin au moment où j'ai le plus cruellement besoin d'argent, mes efforts ont enfin été récompensés (enfin, on en parlera quand je toucherai ma paie parce qu'en attendant, je me saigne un peu financièrement pour ce boulot, histoire de ne pas manger que des pâtes le midi). C'est cool, l'équipe est sympa globalement, l'environnement aussi. Le rêve.


Mais voilà, au bout de quelques temps, il arrive avec ses gros sabots. L'ennui. Je compte les heures tous les jours tant je m'emm... . Pas toujours, hein, ça dépend de ce qu'on me fait faire. Les tâches répétitives, ça m'amuse deux minutes sauf si je peux rêvasser à ma guise mais là, je dois y accorder un peu trop d'attention pour m'évader comme je le voudrais. C'est ce que j'appelle "un boulot bâtard": je ne m'y épanouis pas comme je le voudrais mais je ne m'y sens pas mal/étouffée/ je ne compte pas les jours comme certaines fois.


Du coup, je m'interroge sur ma capacité à exercer un travail normal. Comment font les gens à la fin? Se disent-ils que c'est normal? Feignent-ils de ne rien voir? Suis-je exigeante? Je ne sais pas...

mercredi 4 octobre 2017

Souriez, des fois que vous seriez filmés!

En ce moment, les gens en général sont insupportables. Ils sont stressés, énervés, pas sympas, agressifs et impolis. Sauf que je suis fatiguée en ce moment et triste aussi (un peu, vu que ma vie stagne sur tous les plans sauf sur le plan personnel. J'ai beau essayer de mille façons, rien ne change et je suis fatiguée de lutter). Oui, c'est la merde, oui, la vie n'est pas toujours facile, mais inutile d'en rajouter non??

Depuis cet été, j'ai envie de sortir et de voir des gens mais je suis pauvre entre ma voiture qui a fait des siennes et le boulot avorté au tout début de l'été donc trop tard pour les emplois d'été. Le temps a été gris, je me suis promenée dans le quartier de plus en plus loin mais voilà, il n'y a rien pour se balader, hormis des rues (avec de belles maisons, c'est sympa, je l'admets mais moi, j'ai besoin de vert. Il y a bien un parc, je peux y aller à pied si j'ai beaucoup de temps devant moi, c'est toujours ça). Je n'ai même pas les moyens de me payer un verre, c'est dire. Et je galère juste pour manger. Et mon banquier est un con fini qui n'a visiblement jamais connu de passes difficiles alors que les précédents ont toujours été cools (là, il me harcèle parce que je suis à découvert en fin de mois. Oui, mon chou mais je suis au RSA, la caf a trouvé le moyen de me trouver une retenue de 30 € deux mois durant malgré mes deux courriers demandant une remise (parce que je ne pouvais pas et que je voudrais bien savoir d'où ils la tirent) et il y a mes réparations de voiture à éponger.). Les autres m'ont toujours fait confiance et c'était mine de rien, une grosse pression en moins. Ils voyaient bien que je serre le budget (parce que manger pour 12 ou 15 € par semaine (et pas que manger d'ailleurs), ça demande rigueur et abnégation)), mais pour lui ce n'est pas assez. J'avoue que ces derniers temps, j'en viens à considérer les gens en CDI à temps complet comme des nantis si ce boulot leur plaît. C'est une chance inestimable qui se fait de plus en plus rare parce que c'est la merde sur le plan de la recherche d'emploi. C'est de pire en pire en admettant que ce soit possible et je suis lasse des employeurs qui nous considèrent comme de la merde. Ne pas donner de nouvelles après un entretien, ça me rend folle, je trouve cela tellement impoli! (si dans x temps, vous n'avez pas de nouvelles, c'est que c'est négatif). Oui, tu peux remplir une liste de diffusion et envoyer un email collectif une fois l'heureux élu déterminé, non?? Ca prend une minute par candidat, c'est sûr mais comme tu envoies une confirmation d'entretien par email l'ajouter à une "liste de diff", ce n'est pas le Pérou, non??

Bref, c'est la merde! Mais justement, je le sais et j'essaie de ne pas "charger" les autres avec ma mauvaise humeur. Si je suis au fond du trou, j'évite d'entrer en communication avec les gens et si je le fais, je prends sur moi pour expliquer que je ne vais pas bien ou je m'oblige à sourire et me montrer aussi chaleureuse que je peux. Mais les gens ne le font pas, ils "chargent" les autres sans même s'en rendre compte. Je sais que des fois, ça déborde, on ne peut juste pas endiguer le flot mais en ce moment, quand je prends le bus, étant moi-même plus fragile en ce moment donc plus sensible, j'absorbe ces ondes négatives et ça me charge encore plus émotionnellement. Je hais un peu mon hypersensibilité et mon empathie en ce moment, j'avoue. Parce que pour me défendre, j'aurais tendance à devenir méchante avec les gens et je prends les devants, j'évite de communiquer avec les autres, ils ne sont pas responsables de mes états d'âme.

Mais ce n'est pas parce qu'on va mal qu'il faut se fermer. L'autre jour, j'ai croisé M très brièvement. Je ne l'avais pas vue depuis longtemps vu que je ne sors pas (je suis pauvre, ma vie sociale est réduite à peau de chagrin) et ça m'a fait du bien. Et j'ai eu la bonne attitude, j'ai évoqué durant 20 secondes que c'était la merde sans entrer dans les détails en disant que je fais le dos rond en attendant que la roue tourne et j'ai demandé de ses nouvelles qui sont bonnes en ce moment. Ca m'a aidée à recharger mes batteries un peu en tous cas sans la vampiriser non plus.

Donc chers gens, quand vous allez mal, si vous vous retrouvez face à une autre personne qui va mal, souriez en vous forçant et si vous croisez une connaissance parlez de ce qui va bien dans sa vie au lieu d'exposer vos malheurs (sauf si c'est trop dur) et profitez des petits bonheurs quotidiens (oui, il fait beau, il ne pleut pas et je n'ai pas mis de pull à col roulé mais une veste et un gilet (pardon, un cardigan) légers, ça compte. Beaucoup même. Ce sont des petites choses qui mises bout à bout aident à se relever quand on rampe dans les situations difficiles. Et surtout se fermer au négatif, même le plus minime surtout quand on est comme moi, une éponge à émotion (donc éviter au maximum les parents toxiques pour qui on est une sous-merde si on ne bosse pas). Même s'il faut s'effondrer pour pouvoir le faire et l'accepter. J'ai pleuré en pleine rue alors que je m'étais forcée à sortir il y a quelques jours. Bien sûr, personne n'est venu vers moi, on m'a regardée et c'est tout, pas un sourire, rien. Un simple sourire m'aurait fait le plus grand bien alors en rentrant je me suis vengée sur la quantité de thé. J'en ai bu deux théières.


Un sourire.

tiré du recueil Le Livre d'amour (1920)
(qui est un très joli recueil de textes soit dit en passant. J'en ai eu un exemplaire mais je ne sais pas où il est...).

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
Soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau
(1903-1977)

samedi 30 septembre 2017

Septembre 2017 Bilan

Relations
- reprise de contact avec une ancienne bonne connaissance (le genre de personne avec qui on se dit "il faut qu'on se voit" sauf qu'on est trop prises l'une l'autre ou nos emplois du temps ne correspondent pas)
- soutien à une bonne connaissance qui va moyen; on doit se voir à son retour de vacances
- reprise de contact avec une ancienne voisine qui m'avait dit plusieurs fois de passer la voir un de ces quatre. Au bout de six mois de ce discours, j'ai un peu cherché à savoir le fin mot de l'histoire parce que bon, je veux bien passer si je passe dans le coin ou autre mais sinon, je ne vois pas l'intérêt. J'ai bien senti que je dérangeais et il y a une phrase que je n'ai pas aimée. Bref, typique de la personne sincère sur le moment (elle m'a donné son numéro, elle m'a appelée plusieurs fois pour des nouvelles en me disant de passer la voir) mais au pied du mur (au fond, je me sentais mal qu'elle propose sans que je fasse un pas vers elle), elle recule. Attitude tellement mature et hypocrite mais bon, les gens sont ce qu'ils sont. Je raye.
- un ancien bref petit ami qui a pris de mes nouvelles avec un long mail hyper gentil auquel je ne m'attendais pas du tout. Il habite loin donc ce serait compliqué et je ne suis pas attachée à lui, ce n'est pas un ami, une relation réelle n'est pas envisageable pour tout un tas de raison mais c'est quelqu'un de gentil et bien élevé, qualités rares et ça fait beaucoup de bien.
- sorties gratuites: une (sortie OVS, sympa mais pas de potentielles relations, mais c'était super et c'est l'essentiel); pas de balades, il fait trop froid et humide pour ça et je suis trop fatiguée moralement pour affronter le froid. Quelques sorties dans mon quartier (il y a de jolies maisons mais rien d'intéressant, pas de parc ou autre), les gens ne répondent pas aux sourires, aucune communication possible.
- Les voisins? A une exception près, c'est soit "bonjour" du bout des lèvres soit pas de réponse à mon bonjour.
- je suis fatiguée de stagner et une personne que je connais à peine s'est permis de me faire remarquer que je ne devrais pas me plaindre (alors que je m'interrogeais sur une question en particulier sans me plaindre, je ne comprenais pas un point précis) (je n'ai pas de problèmes de santé moi! Oui, mais bon, je n'ai pas de travail, pas d'amoureux, des amis qui habitent loin, pas d'argent, une famille toxique et qui m'enfonce au lieu de me soutenir, je galère à tenir mon budget et donc manger, pas d'enfant ou de mari alors que je n'ai jamais imaginé en arriver là et oui, j'en ai marre de tourner en rond, d'essayer encore et encore par tous les moyens de faire bouger les choses sans succès ou parfois de les laisser se faire toutes seules. Et pas de travail rémunéré et les gens me déçoivent toujours même si je veux croire en eux. Et puis dans ma famille élargie, c'est moyen moyen depuis six mois pour plein de monde.). Bref, la méchanceté des gens m'énerve. Je ne me plains pas, je cherche des solutions nouvelles que je n'ai pas encore expérimentées, c'est différent. Parce que si je dois attendre d'avoir un CDI pour avoir les moyens financiers de sortir donc rencontrer des gens et les recroiser et donc avoir plus de chance de trouver un amoureux, pouvoir faire des projets avec lui et juste avoir un travail, arrêter de compter et voir du monde tous les jours (parmi les collègues, il y en a au moins un ou une qui est plus abordable que les autres et avec qui discuter un minimum). Oui mais si cette personne a des soucis de santé, elle a peut-être une famille aimante, des amis, un amoureux, un emploi qu'elle aime et qui lui permet de vivre, elle est peut-être partie en vacances cette année (alors que ça fait 7-8 ans que si j'arrive à partir deux week-end dans l'année en famille et deux we chez des amis, c'est le maximum et même si je me plains quand ça tire trop, je m'estime déjà heureuse de pouvoir le faire) et j'ai aussi des soucis de santé, même si ça m'inquiète, je fais avec sans me plaindre (trop). Chacun ses soucis et il serait bien de comparer ce qui est comparable sans attaquer lors d'un moment de faiblesse. Je suppose que ce n'était pas intentionnel loin de là mais j'étais aussi fragile sur le moment et ça m'a fait mal. Peut-être (sûrement) que si j'étais moins sensible, ça ne m'aurait pas touchée mais si, ça m'a fait mal.

Mais je ne sais pas ce qui cloche, que je lâche prise, que je me batte, que je travaille sur moi pour m'améliorer, rien ne change de ce côté-là. Le dénominateur commun me semble les gens. Je n'ai presque pas d'amis parce que les gens me regardent bizarrement avec mes centres d'intérêt à la noix et que s'ils parlent de télévision ou de stars, je ne peux pas me mêler à la conversation, ça ne m'intéresse pas. Pareil pour les collègues. Au travail, je m'ennuie là où les collègues sont débordés, je finis plus vite que les gens et même quand je culpabilise parce que je n'ai vraiment rien à faire et que je le cache, le patron ne trouve jamais que j'ai traîné, au contraire. Mais ça crée des jalousies et l'estime de moi en prend un coup. Le grand amour? Les jeunes de mon âge semblent encore espérer qu'on les sauve ou les aide à aller mieux; mais on est toujours seuls donc ils viennent vers moi pour de mauvaises raisons. Ou les hommes de mon âge sont blessés et ne veulent pas s'engager alors que je ne demande que ça. Et je n'ai pas d'amis et pas d'argent donc je sors peu. Internet? La lie de l'humanité y est rassemblée, les sites de rencontres après un tri drastique m'ont permis de rencontrer des gens sympas mais il n'y avait pas cette étincelle et toujours le jugement des gens sur mes loisirs ou autre qui ne me donne pas envie de me livrer. (quand je ne tombe pas sur des gens-avec-qui-je-n'ai-rien-en-commun-et-surtout-pas-les-mêmes-valeurs (notamment la politesse élémentaire minimale) pour rester polie. Si quelqu'un est fan de football, je lui réponds que "c'est cool mais ce n'est pas mon truc". Si je parle de mes projets d'écriture ou des livres que je lis, j'ai droit à des "mais ça t'est venu comment?" "c'est bizarre que blabla" (là où moi, au contraire, je dis que " c'est marrant" d'avoir des passions différentes avant de conclure que "ça doit être trop cool" (le football et le sport en général, ça ne compte pas)). Et le "mais comment tu en es arrivée là?" (typiquement lire tel gros pavé écrit il y a plus d'un siècle par un écrivain célèbre mais mort ou mes projets d'écriture ou mes goûts en musique (la musique classique et folk, c'est le bien!)). Je me sens juste mal et juste comme un extraterrestre par moment avec les gens.


  Je veux bien redevenir comme avant, ouverte, tolérante, confiante et curieuse de tout mais ce serait bien que les "gens" fassent la même chose au lieu de me juger. Désolée si mes parents m'ont donné le goût des livres et offert des encyclopédie étant plus jeune au lieu de m'acheter des jeux video. Oui, je préférais lire Science et vie junior plutôt que le magazine Fan2 (pourtant, j'en ai acheté quelques uns pour faire comme les autres mais bref... sans commentaire). Mais mes parents m'abonnaient à Wakou et J'aime lire, qu'y puis-je? Même si c'était sûrement à ma demande mais bon si ça se vend, c'est que des gens les lisent, non?   Et ce n'est pas une raison pour me faire sentir comme une extraterrestre, on peut mettre des formes, non?


Travail
- je continue à chercher un peu, ce qui est mieux que rien. Mais je suis juste épuisée.
- Travaux personnels: ils ont bien bien avancé malgré des blocages mais les idées doivent parfois mûrir un peu. Plein de choses en suspens par manque d'argent, j'ai fait une liste dans un coin et je m'occupe avec le matériel que j'ai chez moi (et j'ai de quoi faire donc tout est parfait)
- Procrastination: ça va.


Moi?
- Procrastination? Ca va, merci le bullet journal.
- Emotionnellement parlant: Malgré des baisses de moral dû à mes "trucs qui n'avancent pas", globalement, ça va, je fais mes "petites affaires" en attendant, faute de mieux en guettant l'occasion de tenter de faire bouger les choses.
- Finances? J'ai assez râlé sur mon rsa-de-misère. La catastrophe bien amortie par ma "gestion raisonnée de mon budget" (= vider mes placards avec beaucoup de réserves de pâtes donc manger des pâtes avec parfois de la sauce à toutes les sauces). Je n'ai pas vécu ce mois-ci, j'ai survécu mais je suis fière de moi. Le souci, c'est que toute l'énergie que j'ai mis à rester à flot financièrement a causé du stress et n'a pas été dépensée ailleurs. Je dois momentanément renoncer à mes activités extraprofessionnelles habituelles par manque d'argent et ça veut dire qu'en période de chaumage, je n'aurai plus ce garde-fou (horaires à respecter, savoir quel jour on est du coup, voir des gens, sortir deux fois par semaine même si je n'ai pas envie, voir des gens, avoir "du travail à faire", m'améliorer (ce qui est valorisant), parler avec des gens, sortir de chez moi pour faire quelque chose qui me plaît (et pas que pour les courses une fois par semaine)).